ETI, crise de croissance
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Après un départ prometteur, l'année 2023 s'annonce moins sereine pour les entreprises de taille intermédiaire (ETI). Les dernières données du 10ème Baromètre Palatine-METI du financement des ETI révèlent une tendance à la baisse dans la plupart des indicateurs de leur situation financière. Malgré ce fléchissement conjoncturel, les ETI font preuve de résilience et maintiennent leur dynamique d'investissements.

Selon Patrick Ibry, directeur général délégué de la Banque Palatine, cette rentrée de septembre 2023 met les ETI françaises face à des défis liés aux carnets de commande, à la trésorerie et aux contraintes liées à l'inflation et à l'énergie. Néanmoins, il souligne la capacité des ETI à maintenir leurs investissements, à créer des emplois et à susciter l'intérêt du monde économique, démontrant ainsi leur contribution à la croissance économique française.

Inquiétudes pour 2024, mais stabilité en 2023

Près de 40% des ETI estiment que la situation de leur secteur d'activité s'est détériorée au cours de l'année (contre 30% en mars), et un nombre équivalent constate une baisse de leurs commandes par rapport au second semestre 2022. De plus, 20% d'entre elles redoutent une réduction de leur chiffre d'affaires en 2024. Cependant, pour l'année en cours, près de 66% des ETI prévoient une augmentation de leur chiffre d'affaires par rapport à 2022. La confiance des dirigeants reste relativement élevée, avec 70% d'entre eux se montrant assez ou très confiants pour la fin de l'année.

La détérioration de la situation financière

La situation financière des ETI connaît une détérioration par rapport au début de l'année. Environ un tiers d'entre elles font état d'une trésorerie en dégradation, tandis que plus d'un quart signale une augmentation de leur endettement net total. L'utilisation des lignes de crédit à court terme a sensiblement augmenté par rapport à mars (passant de 34% à 50%), et davantage d'ETI expriment désormais un besoin de crédit court terme supplémentaire (28% contre 17%). De plus, la hausse des taux d'intérêt commence à se faire ressentir, impactant déjà plus de 15% des ETI.

Les contraintes s'accumulent

Les ETI font face à des difficultés conjoncturelles depuis 2022, principalement liées à l'inflation et à la crise de l'énergie. La hausse des prix de l'énergie reste un problème pour 96% d'entre elles, avec 30% devant supporter une augmentation de leur facture de plus de 100% par rapport à 2021. L'augmentation de la masse salariale, due à l'inflation et aux problèmes de recrutement, pose également des défis croissants. En général, un tiers des ETI voit ses coûts de production augmenter de plus de 10%. Ces contraintes pèsent sur la rentabilité de plus de 90% des ETI et affectent les projets de deux tiers d'entre elles.

Frédéric Coirier, PDG du groupe Poujoulat et co-président du METI, exprime des inquiétudes face à la détérioration de plusieurs indicateurs, notamment la santé financière des ETI, due à l'inflation. Il rappelle que les ETI résistent, mais met en garde contre les obstacles à la compétitivité à long terme.

Résistance dans les investissements malgré la réduction

Malgré ces défis, les ETI continuent de persévérer dans leurs projets de croissance. En 2023, 63% d'entre elles prévoient une croissance organique, tandis que près de la moitié envisage une croissance externe, principalement en France. Bien que l'enveloppe et le nombre d'emplois associés montrent une tendance à la baisse par rapport au précédent baromètre, les créations d'emplois liées à la croissance organique devraient augmenter, avec 53% des ETI concernées générant au moins 50 emplois en 2023, contre 42% en mars.