Comment se porte l'ESS en France ?
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"Cette économie, il faut qu'on la fasse connaître, reconnaître et surtout la rendre de plus en plus inspirante pour les acteurs de l'économie conventionnelle." Voilà l'ambition d'Olivia Grégoire, la ministre déléguée chargée des PME, pour l'économie sociale et solidaire (ESS), dont le champ a été défini en 2014 par la loi Hamon. Dans cette perspective et pour présenter sa "feuille de route", l'ancienne porte-parole du gouvernement a ainsi réuni, en début de semaine, les représentants de ce secteur qui représente désormais 10 % du PIB et emploie 2,6 millions de salariés. Principal enseignement à retenir de cet épisode : 800 millions d'euros d'encours supplémentaires devraient être levés par les acteurs de la finance solidaire.

Dans ce contexte, et pour comprendre ce que pensent les Français de cette économie, les associations France Active et FAIR ont publié, ce mercredi 8 novembre, les résultats d'un sondage mené par OpinionWay, à quelques jours de la semaine de la finance solidaire (13 au 20 novembre). Selon lui, le contexte économique actuel est à l'origine d'une importante baisse des prévisions d'épargne en France. En effet, plus de 6 Français sur 10 pensent qu'ils ne vont pas ou qu'ils vont moins épargner en 2024, soit une baisse de 8 % en une année.

Malgré tout, le sondage montre des signaux positifs en faveur de l'épargne solidaire : 25 % des Français souhaitent que leur épargne ait une finalité solidaire, dont 11% de manière exclusive, uniquement dans le but de soutenir le développement économique de leur territoire ou de contribuer à la réussite de projets solidaires dans leur région. Et cette volonté est aujourd'hui plus forte chez les jeunes (20 % chez les moins de 35 ans, soit 2 % de plus par rapport à 2022).

Quels enjeux poussent les Français à investir dans l'épargne solidaire ?

L'encours de l'ESS en 2022 (qui représente pas moins de 26,3 milliards d'euros) a permis, entre autres, de loger 1 440 personnes, d'approvisionner 8 381 foyers en énergie renouvelable et de mettre à disposition 1 559 hectares d'agriculture biologique dans l'année. Mais alors quels enjeux préoccupent le plus les Français ?

S'ils devaient se plonger dans l'épargne solidaire, plus de 3 Français sur 10 privilégieraient des projets qui répondent aux défis environnementaux. Tandis que 19% des projets qui favorisent l'emploi des personnes qui en sont les plus éloignées sont plébiscités dans l'Hexagone, l'étude montre que le lien social et la réduction des inégalités (21 %) et le développement économique des territoires (18 %) représentent également des enjeux importants aux yeux des Français.

Toutefois, le manque d'information relatif à l'ESS reste le premier frein à son développement. Effectivement, le sondage révèle que 67 % des Français se sentent mal informés sur les projets concernés par ce type d'épargne. De même, 64 % d'entre eux ne connaissent pas les produits existants pour ce type d'investissement et 2 Français sur 3 n'ont aucune idée sur sa rentabilité.

"Aujourd'hui, 25% des Français recherchent une finalité sociale et solidaire à leurs placements. Il est donc crucial de continuer à les informer pour qu'ils passent tous à l'acte", affirme Denis Dementhon, directeur général de France Active, dans un communiqué.