crédit immobilier
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Le montant des nouveaux crédits immobiliers accordés est tombé l'an dernier à un point bas depuis 2015, à 129,5 milliards d'euros, selon les données de la Banque de France, et la tendance observée sur les derniers mois est toujours à la baisse.

Alors pour redonner du pouvoir d'achat immobilier aux Français, le ministre de la transition écologique, Christophe Béchu, dévoile des mesures ambitieuses lors d'une interview au Parisien. Ces mesures, centrées sur la simplification du processus de logement, pourraient potentiellement changer la donne pour les acheteurs.

Le premier dispositif proposé par le ministre Béchu est le "prêt in fine", déjà existant mais largement réservé aux investisseurs aisés. Le principe du crédit "in fine" est assez simple, puisque, comme son nom l'indique, il se rembourse à échéance du prêt. Pendant toute la durée du prêts, l'emprunteur ne rembourse que les intérêts et les assurances. Les mensualités sont toujours les mêmes, à l'exception de la dernière, qui correspond au capital emprunté. Cette somme doit alors être soldée en une fois.

Bien que cela réduise les mensualités, les taux d'intérêt sont généralement plus élevés, et des garanties financières peuvent être requises, telles qu'un contrat d'assurance vie qui devra être nanti pour l'occasion. "Pour prétendre au crédit "in fine", l'emprunteur doit prouver qu'il est très solide financièrement. La banque vérifie que ce dernier dispose de fonds placés et peut même veiller à ce que ce qu'il effectue des versements mensuels sur un contrat d'assurance-vie, par exemple", explique Mael Bernier, chez MeilleurTaux.

L'un des avantages du prêt in fine est sa capacité à réduire les mensualités, aidant les acheteurs à respecter le seuil de 35 % d'effort financier recommandé. Cependant, des discussions plus approfondies doivent encore avoir lieu pour élaborer ces dispositifs de manière à répondre aux besoins variés des acheteurs.

Christophe Béchu a déjà évoqué une limite de la part à rembourser in fine, à " 20, 30 % " expliquait-il le 4 février au micro de RTL. " Cela permet d'obtenir des mensualités plus faibles ou d'emprunter plus pour plus grand ", complète-t-il.

Un crédit hypothécaire "à la suisse"

Le ministre met également sur la table une variante, le crédit hypothécaire, qui demande au candidat à l'emprunt de gager un bien immobilier afin d'apporter une garantie supplémentaire à la banque. Il s'appuie sur l'exemple suisse, " où ça fonctionne très bien ".

Inspiré des modèles anglo-saxons, ce système permet de répartir le remboursement en deux temps, offrant une certaine flexibilité aux acheteurs.

Pourtant, ces propositions ne rencontrent pas un enthousiasme unanime. La Fédération bancaire française (FBF) se montre prudente, soulignant les différences entre les contextes économiques et fiscaux français et suisses, où ces pratiques sont courantes. De plus, les courtiers notent que ces solutions sont plus adaptées aux ménages aisés et ne résolvent pas les problèmes des primo-accédants.

En somme, alors que le gouvernement cherche des solutions pour relancer le marché immobilier et rendre l'achat plus accessible, il est encore trop tôt pour prédire l'efficacité de ces propositions. Les prochaines discussions avec les acteurs du secteur bancaire pourraient déterminer si ces nouveaux prêts deviendront une réalité et aideront véritablement les Français à concrétiser leurs projets immobiliers.