Liliane Bettencourt, Johnny Hallyday, Alain Delon
AFP/IBTimes France

L'héritage des grands artistes contemporains ou des dirigeants les plus riches de la planète continue de faire couler de l'encre. Lorsque le sujet n'est pas en une des journaux nationaux, il inspire les scénaristes comme Jesse Amstrong et sa série Succession, multiprimée lors de la cérémonie des Emmy Awards de cette année.

Les querelles familiales d'Alain Delon ont notamment animé les rédactions des médias de l'Hexagone en ce début d'année 2024. Des centaines d'articles ont été publiés et les chaînes d'information en continu ont consacré une grande partie de leurs programmes à ce conflit.

Retour sur les grandes guerres de succession les plus marquantes des dernières décennies en France :

Alain Delon

Alain Delon
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"Toujours vivant, rassurez-vous, toujours la banane, toujours debout, il est pas né ou mal barré, le crétin qui voudra m'enterrer." Alain Delon aurait pu faire siennes les paroles de la célèbre chanson de Renaud. Aujourd'hui âgé de 88 ans, l'acteur aux 90 films plus cultes les uns que les autres est actuellement embarqué dans une triste affaire familiale, qui est désormais aux mains de la justice française. Tandis qu'Alain-Fabien - le benjamin de la famille - et Anthony Delon ont porté plainte, en décembre dernier, contre leur sœur Anouchka pour "abus de faiblesse au préjudice de leur père", cette dernière a renvoyé l'ascenseur. Alain Delon lui-même a annoncé, par l'intermédiaire de son avocat, le dépôt d'une plainte à l'encontre d'Anthony pour diffamation.

"Je veux commencer par éteindre un incendie (...). Toutes ces histoires d'argent, d'héritage, toutes ces supputations, ça me rend malade. Je veux dire la vérité. Ce conflit, ce n'est pas un problème d'héritage, ce n'est pas un problème de succession", assurait alors Anthony Delon, au début du mois de janvier, sur le plateau de CNews.

Pourtant, de sérieux doutes sont permis. En effet, les tensions familiales pourraient bel et bien tirer leur origine dans le testament déjà rédigé par l'acteur, prévoyant une répartition assez déséquilibrée entre les deux frères et la soeur : la moitié de sa richesse - estimée entre 50 et 150 millions d'euros - sera destinée à sa fille Anouchka alors que les deux autres fils devront se partager le reste. Un point met tout de même tout le monde d'accord : le fait d'écarter Hiromi Rollin, la "compagne japonaise" de l'acteur, de la vie de ce dernier et donc de cette guerre de succession.

Johnny Hallyday

Johnny Hallyday
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En décembre 2017, la mort de Johnny Hallyday et la question de l'héritage avaient également fracturé une famille bien connue des Français. Même si la justice a - enfin - trouvé la solution à ce conflit en juillet 2020 (soit près de trois ans après le décès du chanteur), les tensions et les rancunes sont toujours d'actualité dans la famille.

Un petit rappel des faits s'impose : Le testament, signé en Californie, a été remis en cause, en février 2018, par Laura Smet - la fille de la star du rock et de l'actrice Nathalie Baye - et David Hallyday - la descendance de Johnny et de Sylvie Vartan - considérant que ses modalités n'étaient pas en accord avec la législation française. Selon eux, le testament déshéritaient les deux fils ainés du chanteur, ce qui est interdit dans l'Hexagone. Mais Leatitia Hallyday refusait que la succession soit soumise aux lois françaises.

En juillet 2020, une issue à cette querelle a donc enfin été trouvée : "Laeticia a émis le souhait de parvenir à une entente avec les aînés de son mari. Il en va de la paix réclamée par le deuil, comme de la sérénité qui doit habiter chaque famille. Un accord définitif a ainsi été trouvé avec Laura Smet, qui a saisi la main tendue par Laeticia Hallyday", expliquait alors Gilles Gauer, avocat de la veuve du Taulier.

Le patrimoine du chanteur - qui s'élèverait à environ 100 millions d'euros - est ainsi conservé par Laetitia Hallyday. En contrepartie, la quatrième et dernière épouse de Johnny s'est engagée à régler la dette fiscale de 32 millions d'euros du Taulier. De plus, Laura Smet aurait perçu une compensation financière d'1,5 million d'euros et aurait conserver un droit moral sur la chanson Laura.

Liliane Bettencourt

Liliane Bettencourt
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35,5 milliards d'euros. Voilà la fortune que Liliane Battencourt a laissé derrière elle après son décès, le 21 décembre 2017. Principale actionnaire de la multinationale L'Oréal, la fille unique d'Eugène Schueller - le fondateur du groupe - était alors la femme la plus riche de la planète. Contrairement aux successions d'Alain Delon et de Johnny Halliday, la question de l'héritage était une affaire classée depuis... 1992 ! Elle léguait ainsi "par donation la nue-propriété de ses actions à sa fille Françoise (deux tiers) et à ses deux petits-enfants, Jean-Victor et Nicolas Meyers (un tiers)", comme le rapportait BFMTV.

Françoise Bettencourt Meyers est depuis, devenue la première femme possédant une fortune estimée à plus de 100 milliards de dollars. Même si aucun véritable conflit n'a éclaté au décès de Liliane Bettencourt, les relations qu'elle entretenait de son vivant avec sa fille unique n'ont pas toujours été au beau fixe. Effectivement, en 2007, une guerre avait éclaté entre les deux femmes à cause des nombreux cadeaux (œuvres d'art, chèques, biens immobiliers...) qu'avait offerts Liliane Bettencourt au photographe François-Marie Banier. La valeur de ces derniers était estimée... à un milliard d'euros ! Depuis, en 2016, le photographe a été condamné pour abus de faiblesse à quatre ans de prison avec sursis, à 375 000 euros d'amende et à la confiscation d'une partie de ses biens immobiliers.

En 2010, mère et fille avaient enterré la hache de guerre en signant un protocole visant à empêcher Liliane Bettencourt de disposer de ses biens et de son argent comme elle l'entend. En contrepartie, cette dernière avait obtenu l'autorisation de sa fille de laisser François-Marie Banier conserver les nombreux cadeaux. "Cette entente nous fait enfin retrouver l'harmonie familiale", déclarait alors Françoise Bettencourt Meyers.

Yves Montand

Yves Montand
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Même si elle commence à dater, l'affaire Yves Montand continue de susciter de l'intérêt tant les contours de la succession ont marqué le pays. À la suite de cet épisode, le code civil avait même été modifié, en 2008, avec l'adoption de l'article 16-1-1 qui prévoit l'interdiction d'exhumer un cadavre à des fins civiles (mais cela reste légal à des fins pénales).

En 1991, l'artiste décédait, à l'âge de 70 ans, des suites d'une crise cardiaque. Catherine Allégret, sa fille adoptive et Carole Amiel, la mère de son fils Valentin, étaient en droit de percevoir une partie de son héritage. Cependant, deux ans avant sa mort, la comédienne Anne Fleurange avait engagé un procès à l'acteur pour prouver qu'il était le père de sa fille, Aurore Drossart. Une fois majeure, cette dernière avait pris le relais, certifiant ses liens de parenté avec Yves Montand et réclamant ainsi sa part de l'héritage. Dans ce cas, Catherine Allégret et Carole Amiel auraient ainsi perdu leur statut d'héritières.

En 1998, la Cour d'appel de Paris avait alors ordonné l'exhumation du corps de l'artiste, en vue d'un prélèvement d'ADN pour prouver si oui ou non Aurore Drossart était sa fille. Les résultats étant négatifs, la demande de cette dernière a finalement été rejetée en 2014.