L'IA, destructrice d'emplois ?
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POINTS CLÉS

  • Plus de 9 employés sur 10 sont enthousiastes à l'idée d'intégrer davantage l'intelligence artificielle dans leur quotidien
  • Les professionnels devront néanmoins s'adapter à ces nouveaux usages, en acquérant de nouvelles compétences
  • À ce jour, seulement 44 % des entreprises ont mis en place des politiques spécifiques pour une IA responsable.

L'intelligence artificielle, destructrice d'emplois ? Une étude internationale menée par Avanade, l'entreprise dédiée à l'écosystème de Microsoft, auprès de plus de 3 000 chefs d'entreprise et responsables informatique analyse l'impact des nouveaux outils technologiques sur les emplois. Et pas de panique : plus des deux tiers (68 %) des dirigeants interrogés, tous secteurs confondus, estiment que l'IA maintiendra ou augmentera le nombre d'emplois au sein de leur entreprise au cours des douze prochains mois. La plupart d'entre eux prévoient même un élargissement du nombre de leurs collaborateurs, pouvant atteindre 9 %.

Une nécessaire adaptation

"C'est totalement exagéré de considérer que ChatGPT sera destructeur d'emplois : l'outil va créer des nouveaux jobs et faire évoluer la manière dont nous travaillons. ChatGPT deviendra une sorte d'assistant, mais ne remplacera pas les professionnels", assure Thomas Husson, vice-président de Forrester, l'entreprise américaine spécialisée dans la fourniture d'études de marché sur l'impact des technologies dans le monde.

Selon lui, le danger réside dans l'incapacité des professionnels à s'adapter, dans les années à venir, aux nouveaux usages liés à l'apparition de nouveaux outils dotés d'intelligence artificielle. Et cette adaptation sera, effectivement, indispensable. Il faudra assurer la pertinence et la cohérence du contenu généré, et "éviter tout biais éthique relatif à la cible visée".

Et l'étude confirme cette analyse : Plus de la moitié (56 %) des personnes interrogées ont déclaré que d'ici la fin de l'année 2024, les employés auront besoin d'acquérir de nouvelles compétences pour être en mesure de travailler avec des outils d'IA générative dans le cadre de leurs tâches quotidiennes. Évoluer et s'adapter avec son temps deviendra ainsi encore plus nécessaire dans le monde du travail.

L'IA plébiscitée par les salariés

Et du point de vue des employés, une vague d'optimisme relative à l'intelligence artificielle est observable : 94 % d'entre eux sont enthousiastes à l'idée d'intégrer davantage l'usage de l'IA dans leur quotidien. De même, un grand nombre de salariés (92 %) sont confiants dans le fait que leur organisation et leurs équipes informatiques disposent des connaissances et des ressources nécessaires pour mettre en place une IA évolutive.

Et l'optimisme ne s'arrête pas là : Plus de quatre salariés sur cinq prédisent que les outils d'IA générative auront un impact important sur leur travail, pouvant représenter jusqu'à... 20h de leurs tâches hebdomadaires ! "Les outils d'IA générative donneront aux employés plus de temps pour créer, innover et imaginer. Cela permettra aux organisations d'assumer une position de leaders dans leurs secteurs et d'innover d'une manière jamais égalée auparavant", estime Jillian Moore, global advisory lead chez Avanade.

Tout cela nécessitera toutefois une indispensable formation destinée aux profanes de l'intelligence artificielle. De même, la compréhension des différents enjeux relatifs à l'avènement d'une telle technologie sera indispensable pour tout employeur. C'est ce qu'explique Florin Rotar, chief AI officer chez Avanade, dans un communiqué : "Non seulement les entreprises doivent prendre des mesures pour former leurs effectifs aux compétences essentielles nécessaires pour une utilisation efficace de l'IA, mais il est désormais temps pour les dirigeants de se préparer à un avenir marqué par l'IA en élaborant des stratégies bien définies et conscientes des enjeux de responsabilité."

Pour rappel, l'intelligence artificielle générative telle que celle exploitée par ChatGPT peut présenter une consommation dix fois plus importante que celle d'un moteur de recherche comme Google. Et pour le moment, les dirigeants, encore trop peu sensibilisés, sont loin du compte : Seulement 44 % des entreprises ont mis en place un ensemble complet de politiques spécifiques pour une IA responsable.