Salle informatique avec des rangées de serveurs éclairés par des voyants bleus et verts
Des rangées de serveurs informatiques dans une salle technique éclairée Gemini

Aujourd'hui sans activité, la société cotée sur Euronext Paris présente un projet de repositionnement complet, adossé à sa société sœur américaine WhiteFiber. Le feu vert de l'AMF reste attendu.

C'est sans doute l'un des virages les plus nets de la rentrée à la Bourse de Paris. Financière Marjos (FINM), une coquille cotée qui n'exerçait plus aucune activité, a dévoilé le 2 octobre un projet visant à en faire une plateforme d'investissement dans les centres de données dédiés à l'intelligence artificielle, en Europe, en Amérique du Nord et jusqu'au Japon, à Singapour et en Australie.

La société changerait aussi de nom pour devenir Future Infra SCA, tout en conservant son code mnémonique FINM. Ce changement devra être approuvé par l'assemblée générale des actionnaires.

Le projet repose d'abord sur WhiteFiber (Nasdaq : WYFI), un groupe qui développe, possède et exploite ses propres infrastructures de centres de données pour l'IA. Les deux sociétés ont le même actionnaire de contrôle, l'américain Bit Digital (Nasdaq : BTBT).

Par le biais d'un ou plusieurs accords de coentreprise, Financière Marjos compte s'appuyer sur tout le savoir faire de WhiteFiber, de la recherche de sites jusqu'au financement des projets, et constituer auprès d'elle son premier portefeuille. L'idée est simple : gagner du temps, monter en puissance rapidement et commencer à déployer du capital à court terme.

En parallèle, et à titre secondaire, la société veut bâtir son propre portefeuille. Elle privilégierait les actifs disposant d'un accès sécurisé à l'énergie, notamment en convertissant des sites industriels existants en campus dédiés à l'IA et au calcul haute performance. Elle n'exclut pas non plus d'acquérir des terrains raccordés ou raccordables au réseau électrique, ni d'entrer au capital d'autres projets par le biais de dette structurée, d'actions de préférence ou d'instruments hybrides.

L'équipe de direction envisagée serait conduite par Sam Tabar, qui dirige déjà WhiteFiber, au poste de directeur général, avec une nomination comme co-gérant à l'étude. Il serait entouré de Bryan Bullett à la stratégie et aux marchés de capitaux, d'Erke Huang à la direction financière et de Philippe Gellman, co-gérant chargé des relations avec les investisseurs institutionnels en France.

" Un partenariat avec WhiteFiber permettrait à la Société d'accéder immédiatement à une plateforme de centres de données éprouvée et à un portefeuille de projets, tandis que nous développerions progressivement nos propres capacités et notre propre portefeuille à l'échelle internationale ", a déclaré Sam Tabar.

Le démarrage de la nouvelle stratégie est subordonnée à une décision de l'Autorité des marchés financiers confirmant qu'il n'y a pas lieu à offre publique de retrait. Bit Digital a déposé une demande en ce sens. Si le régulateur donne son accord et si les marchés s'y prêtent, une levée de fonds en capital pourrait être lancée dès le début de l'année 2027.

Le chantier financier est considérable. Au 30 juin 2026, Financière Marjos affichait des capitaux propres négatifs d'environ 1,2 million d'euros, un endettement financier de 1,1 million et une trésorerie de 21 781 euros. Le résultat net du premier semestre s'établit à 24 euros, après une perte de 189 688 euros sur l'ensemble de 2025. La société prévient elle-même que sa stratégie exigera des financements très importants, et que les actionnaires qui ne suivraient pas une augmentation de capital pourraient subir une dilution significative.

Pour la place parisienne, l'opération ne manque pas d'intérêt. Les valeurs européennes offrant une exposition directe à l'infrastructure physique de l'IA restent rares. Reste à savoir si Future Infra saura transformer une coquille vide en véritable acteur du secteur.

Si l'AMF donne son feu vert et que la réorganisation est approuvée par l'assemblée générale des actionnaires, Future Infra SCA deviendrait l'un des rares véhicules cotés sur la place de Paris offrant une exposition pure-play aux infrastructures physiques de l'intelligence artificielle.