La Chine menace la France après la nouvelle taxe visant Shein et Temu, Paris défend sa loi sur la mode “ écoresponsable ”
La France instaure des taxes sur la mode ultra-éphémère pour en réduire l'impact environnemental

La France a commencé à appliquer de nouvelles taxes à Shein et Temu, connus pour leurs articles à bas prix, après l'entrée en vigueur de sa loi contre la mode ultra-éphémère. Le texte a été adopté en juin puis promulgué en juillet.
La Chine juge cette loi discriminatoire. La porte-parole du ministère chinois du Commerce, Huang Ling, a déclaré que Pékin s'opposait " fermement à l'insistance de la France à faire avancer cette mesure restrictive pour le commerce, qui est clairement discriminatoire ". Pour Paris, cette loi vise simplement à " protéger l'environnement et les consommateurs ".
Jusqu'à 20 euros par vêtement
Avec ce nouveau dispositif, la taxe pourrait atteindre près de 20 euros (17,17 livres sterling ou 23,25 dollars) par vêtement d'ici à 2030, tandis que la France cherche progressivement à limiter les articles issus de la fast fashion. Le cabinet de conseil McKinsey & Company définit la fast fashion ainsi : " En privilégiant des prix extrêmement bas et des cycles de production raccourcis, la fast fashion propose de nouveaux modèles aux consommateurs à un rythme record, tout en créant d'importants défis environnementaux et sociaux. "
Selon la législation récemment adoptée, la France définit la mode ultra-éphémère en fonction du volume de vêtements mis sur le marché et du coût de leur réparation rapporté à leur prix d'achat.
C'est cette distinction qui explique pourquoi H&M, Mango et Zara ne se sentent pas visés par la nouvelle loi. Ces marques européennes ne produisent pas les mêmes quantités d'articles que Shein et Temu.
" La Chine exhorte la France à suspendre immédiatement l'application de la loi contre la mode ultra-éphémère ", a déclaré Huang lors d'une conférence de presse. " Si la France persiste dans cette voie, la Chine prendra les mesures nécessaires pour protéger les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises. "
Elle a ajouté : " La France assumera l'entière responsabilité de toutes les conséquences qui en découleront. " Huang n'a toutefois pas précisé quelles mesures de représailles pourraient être prises contre la France.
" Pas discriminatoire "
Une source de l'Office français du commerce extérieur et de l'attractivité a déclaré à des médias européens que la France ne souhaitait pas entrer en conflit avec la Chine. Elle a toutefois assuré que la nouvelle loi n'était " pas discriminatoire ".
" Il est dans l'intérêt de tous, y compris de la Chine, d'entretenir des relations pacifiques avec la France et l'Union européenne, ainsi que des relations commerciales constructives ", a déclaré cette source. " Nous avons effectivement entendu que la Chine se sentait visée. Nous sommes bien sûr prêts à dialoguer avec elle pour comprendre dans quelle mesure elle estime être ciblée. "
" Si la Chine rencontre des difficultés techniques avec cette loi, elle est parfaitement en droit de les soumettre à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ", a poursuivi la source. " Notre Parlement est souverain et s'est prononcé. Il a adopté cette loi et nous respecterons pleinement sa décision. Ce type de menace, cette remise en cause de la souveraineté d'un État, relève de la coercition et des représailles économiques. Mais, pour l'instant, cela reste une menace. "

Des taxes en 2026
Selon la nouvelle loi française, les montants appliqués par vêtement cette année vont de 0,25 euro (0,21 livre sterling ou 0,29 dollar) pour les petits articles à 12 euros (10,31 livres sterling ou 13,95 dollars) pour les manteaux, avec un plafond fixé à 50 % du prix hors taxes. La taxe pourrait toutefois atteindre le montant maximal de 19,50 euros (16,71 livres sterling ou 22,60 dollars) par article d'ici à 2030.
Lorsque les premières informations sur le texte ont été publiées, Shein, fondé en Chine, a déclaré à un média britannique que la loi ne ferait qu'" aggraver le pouvoir d'achat des consommateurs français, au moment où ils subissent les effets de la crise du coût de la vie ". Temu a pour sa part affirmé être une place de marché en ligne et ne pas devoir être associé au débat sur la mode ultra-éphémère.
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