Les Américains sont de plus en plus pessimistes sur leurs finances : près d’un sur trois s’attend à une dégradation l‘an prochain
Plus de 13 % des personnes interrogées pensent ne pas pouvoir honorer au moins un remboursement minimum de dette au cours des trois prochains mois

Près d'un Américain sur trois s'attend à voir sa situation financière se dégrader l'an prochain, selon une nouvelle enquête.
Réalisée par la Réserve fédérale de New York, la dernière édition de l'enquête sur les anticipations des consommateurs montre que la proportion des personnes interrogées jugeant leur situation financière susceptible de se dégrader " fortement ou quelque peu " au cours des douze prochains mois a augmenté de 2,3 points, à 32,6 %, contre 30,3 % le mois précédent.
La part des personnes estimant que leur situation financière est " fortement ou quelque peu " moins bonne qu'il y a un an a également progressé, à 38,6 %, contre 37,6 % en juillet.
Concernant l'inflation, les anticipations médianes sont restées inchangées à un et cinq ans, à respectivement 3,6 % et 3 %. À trois ans, elles ont diminué de 0,1 point, à 3,2 %.
Les ménages s'attendent par ailleurs à une hausse de leurs dépenses supérieure à celle de leurs revenus. La progression médiane attendue des revenus est restée stable, à 3 %, tandis que les anticipations concernant les dépenses ont augmenté de 0,3 point, à 5,2 %.
Par ailleurs, plus de 13 % des personnes interrogées estiment qu'il existe un risque qu'elles ne puissent pas effectuer le remboursement minimum d'une dette au cours des trois prochains mois. Cette proportion a augmenté de 1,2 point par rapport à l'enquête du mois dernier.
Cette dégradation des anticipations est cohérente avec la dernière enquête de l'université du Michigan auprès des consommateurs, qui fait état d'une forte baisse de 6 % sur un mois.
L'indice s'est établi à 51,7, contre 55,2 en juillet et 58,2 en août de l'année dernière. Joanne Hsu, directrice de l'enquête auprès des consommateurs, a déclaré que ce résultat témoignait de " préoccupations persistantes quant au maintien d'une inflation élevée dans un avenir prévisible ".
Elle a précisé que les baisses concernaient " tous les groupes politiques et étaient particulièrement marquées chez les républicains ", ajoutant que " les catégories généralement les moins à même d'absorber une hausse du coût de la vie ont également enregistré les plus fortes baisses de confiance, notamment les consommateurs âgés, ceux aux revenus faibles ou moyens et les personnes ne détenant pas d'actions ".
Joanne Hsu a ajouté que, compte tenu de " l'incertitude persistante entourant les politiques publiques, notamment le conflit avec l'Iran ", les consommateurs " anticipent désormais de nouvelles hausses des prix de l'essence à court comme à long terme ".
" Les anticipations concernant la conjoncture économique à un an ont reculé de 10 %, tandis que celles à cinq ans ont diminué de 13 %. Toute nouvelle escalade des tensions commerciales risque d'accentuer ces tendances ", a déclaré Joanne Hsu.
Du côté des anticipations d'inflation, celles à un an ont légèrement diminué, passant de 4,2 % à 4 %. " Le niveau actuel dépasse nettement les 3,4 % enregistrés en février, avant le début du conflit avec l'Iran, ainsi que l'ensemble des niveaux observés en 2024. Les anticipations d'inflation à long terme sont restées stables à 3,3 % pour le troisième mois consécutif, demeurant légèrement supérieures à la fourchette de 2,8 % à 3,2 % observée en 2024 ", souligne le rapport.
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