Espace britannique
La Grande-Bretagne lance un plan spatial de 7,8 milliards de livres sterling pour protéger ses satellites et ses services vitaux. IBTimes UK

Le Royaume-Uni consacrera 7,8 milliards de livres à son secteur spatial d'ici à 2030, dans le cadre d'une nouvelle stratégie nationale destinée à renforcer ses capacités. Le plan prévoit notamment de détecter les collisions entre satellites, les activités hostiles et les tempêtes solaires avant qu'elles ne perturbent les services dont dépendent chaque jour des millions de personnes.

Présentée par le gouvernement le 8 septembre, cette stratégie remplace la National Space Strategy de 2021. Elle rassemble dans un document unique les investissements et les activités spatiales du gouvernement, en intégrant les priorités économiques, scientifiques et de défense.

À quoi serviront les 7,8 milliards de livres : satellites, défense et recherche spatiale

La stratégie court jusqu'en 2030 et s'articule autour de quatre priorités : les communications par satellite, la maintenance, l'assemblage et la fabrication en orbite, la connaissance de l'environnement spatial, ainsi que la garantie d'un accès à l'espace.

La connaissance de l'environnement spatial, qui consiste à surveiller les objets et les activités en orbite, bénéficiera de 149 millions de livres destinés à la mission Vigil de l'Agence spatiale européenne, selon le document gouvernemental.

Une enveloppe supplémentaire de 85 millions de livres sera allouée au National Space Operations Centre. Le gouvernement affirme que ce financement permettra de recevoir plus tôt des alertes concernant d'éventuelles collisions entre satellites, des activités hostiles et des tempêtes solaires.

880 millions de livres pour le suivi militaire et la défense des satellites

Par ailleurs, 880 millions de livres sont réservés au contrôle spatial ainsi qu'aux capacités de renseignement, de surveillance et de reconnaissance. Selon le gouvernement, ces fonds serviront à financer des technologies capables de suivre les activités militaires au sol et d'identifier d'éventuelles attaques contre des satellites.

Le ministre de la Défense, Wes Streeting, a déclaré que la stratégie " reconnaît que notre sécurité nationale dépend de notre liberté d'action dans l'espace et, si nécessaire, de notre capacité à protéger les actifs spatiaux britanniques et alliés ". Il a ajouté que le gouvernement investissait plus de 3 milliards de livres afin que les capacités de défense dans l'espace " restent à la hauteur des menaces auxquelles nous sommes confrontés ".

Un haut débit rural plus rapide et moins de coupures sur les réseaux mobiles

La stratégie ne se limite pas à la défense. Quelque 2,8 milliards de livres supplémentaires serviront à renforcer les programmes de connectivité, notamment Connectivity in Low Earth Orbit et les programmes de communications de défense SKYNET.

Le gouvernement estime que ces investissements permettront d'améliorer la rapidité et la fiabilité des connexions dans les zones rurales et de réduire les coupures de signal mobile pour les voyageurs en train.

Les réactions des industriels et du monde scientifique

Le ministre des Affaires, de l'Innovation, des Sciences et du Commerce, Jonathan Reynolds, a déclaré que le plan aiderait à " garantir la sécurité du Royaume-Uni en renforçant notre capacité à lancer des satellites, à détecter les menaces et à protéger les services dont la population dépend au quotidien ". Il a ajouté qu'il aiderait aussi les entreprises à " saisir les possibilités sans limites de cette nouvelle ère spatiale ".

Doug Liddle, président de UKspace, a salué une " voie constructive " vers un dialogue plus étroit entre le gouvernement et les entreprises du secteur.

Simon Brown, directeur général du Met Office, a estimé que les observations spatiales étaient " essentielles pour établir les prévisions météorologiques et produire des informations sur le climat ", notamment parce que les progrès technologiques permettent de mieux suivre des phénomènes tels que les incendies de forêt et les sécheresses.

Le plan prévoit également 163 millions de livres pour des missions de recherche spatiale, dont le rover martien Rosalind Franklin, construit au Royaume-Uni, ainsi que 30 millions de livres pour le port spatial de SaxaVord, dans les Shetland.

Cette stratégie marque une évolution dans la manière dont le Royaume-Uni considère l'espace : plus seulement comme une frontière scientifique ou commerciale, mais comme un domaine nécessitant une protection active sur les plans militaire et infrastructurel.

Les satellites étant indispensables à des services allant des systèmes financiers aux réseaux mobiles, l'accent mis par le gouvernement sur les systèmes d'alerte précoce et la détection des activités hostiles traduit la crainte qu'une perturbation en orbite puisse avoir des conséquences au sol.