GRANDE-BRETAGNE-COMMONWEALTH-POLITIQUE
(De gauche à droite) La princesse Anne, princesse royale, la reine Camilla et le prince William, prince de Galles, assistent à la cérémonie annuelle du Commonwealth à l'abbaye de Westminster à Londres.

Le prince William se rendra cette semaine à Oslo pour représenter le roi Charles III aux funérailles nationales du roi Harald V de Norvège, décédé le 28 août à l'âge de 89 ans après 35 ans de règne. Buckingham Palace a confirmé ce déplacement le 5 septembre. La princesse Anne sera également présente à Oslo, mais pas officiellement aux côtés de William, dans le cadre d'une visite que le palais présente comme personnelle et privée.

Les funérailles auront lieu mercredi 9 septembre à 13 heures, heure locale, à la cathédrale d'Oslo, après la liturgie funéraire de l'Église de Norvège. À l'issue de la cérémonie, le cercueil de Harald sera transporté en procession jusqu'à la forteresse d'Akershus, où il sera inhumé en privé dans le mausolée royal. Les pays disposant d'une représentation diplomatique en Norvège, ainsi que tous les membres du Storting, le Parlement norvégien, ont été invités.

Pourquoi William plutôt que Charles ? Des sources royales expliquent ce choix par une convention ancienne : un monarque régnant n'assiste généralement pas en personne aux funérailles d'un autre chef d'État et délègue la représentation de la Couronne à un membre éminent de sa famille. Pour William, il ne s'agit pas d'un cas isolé. Il avait représenté Charles aux funérailles du pape François au Vatican en avril 2025. Le déplacement de mercredi confirme une tendance qui se dessine : plutôt que tout autre membre actif de la famille royale, William devient le représentant de Charles lors de ces rendez-vous internationaux officiels.

La présence de la princesse Anne à Oslo répond à une autre logique, plus personnelle. Elle participe aux funérailles parce qu'elle est la marraine du nouveau roi de Norvège, Haakon VIII, monté sur le trône après la mort de son père. C'est ce lien familial, et non une mission officielle de représentation, qui explique la distinction établie par le palais entre sa présence et celle de William.

Les liens entre les deux familles dépassent le cadre du protocole. Charles et Harald étaient cousins au deuxième degré, partageant les mêmes arrière-grands-parents, le roi Édouard VII du Royaume-Uni et la reine Alexandra. William et Catherine, le prince et la princesse de Galles, avaient effectué une visite officielle en Norvège en 2018. Ils avaient alors dîné avec Harald et la reine Sonja au palais royal. Harald aurait décrit le couple comme sa " famille " lors de cette visite et salué son soutien à la défunte reine Elizabeth II. Dans un communiqué publié après la mort de Harald, Charles avait déclaré : " La Reine et moi adressons nos condoléances les plus profondes et les plus sincères à la reine Sonja et à toute sa famille ", ajoutant que le Royaume-Uni partageait la peine de la Norvège.

Le déplacement de William à Oslo s'effectuera au pas de course. Le prince fera l'aller-retour dans la journée, entre deux autres engagements publics. Au Royaume-Uni, son fils aîné, le prince George, âgé de 13 ans, fera sa rentrée au collège d'Eton à la même période. Charles, de son côté, passera le week-end à Balmoral, où il recevra le Premier ministre Andy Burnham dans le cadre de la visite annuelle traditionnelle du chef du gouvernement auprès du monarque.

Le Royaume-Uni ne sera pas le seul pays à envoyer un membre actif de sa famille royale plutôt que son chef d'État. Le roi Frederik et la reine Mary de Danemark, le roi Felipe d'Espagne ainsi que la reine Letizia et la reine Sofia assisteront directement aux funérailles. Une importante délégation suédoise sera conduite par le roi Carl Gustaf et la reine Silvia. Le Japon sera représenté par le prince héritier Fumihito et la princesse héritière Kiko, et non par l'empereur Naruhito, suivant ainsi l'approche britannique. Les Pays-Bas enverront directement le roi Willem-Alexander, la reine Máxima et d'autres membres éminents de la famille royale. Une absence sera particulièrement remarquée : la reine Margrethe II du Danemark, contemporaine de Harald et monarque scandinave pendant plusieurs décennies, avait initialement été invitée, mais ne pourra pas venir après son hospitalisation à Copenhague.

Les Norvégiens se souviendront de Harald pour son style particulièrement informel et accessible pour un monarque régnant, ainsi que pour la modernisation du rôle public de la famille royale norvégienne au cours de ses 35 années de règne. Il était aussi un navigateur de haut niveau : il avait remporté une médaille d'or aux championnats du monde de voile de 1987, puis aux championnats d'Europe de 2005, atteignant un niveau que peu d'autres membres des familles royales européennes ont égalé dans une discipline sportive. Les funérailles de mercredi clôtureront officiellement ce règne. Pour le Royaume-Uni, elles apporteront un nouvel élément à une tendance devenue de plus en plus nette depuis le couronnement de Charles : lorsqu'un chef d'État étranger doit être honoré à l'étranger, c'est William, et non le roi, qui monte dans l'avion.