Jardins de la tour Victoria

L'Office national des statistiques (ONS) a publié le 8 septembre les données sur la fécondité par collectivité locale en Angleterre et au pays de Galles, confirmant que l'indice synthétique de fécondité national était tombé à 1,39 enfant par femme en 2025, contre 1,41 en 2024. Il s'agit d'un nouveau point bas historique, pour la troisième année consécutive. L'an dernier, 585 396 naissances vivantes ont été enregistrées en Angleterre et au pays de Galles, contre 594 677 en 2024, soit le total annuel le plus faible depuis 1977. À titre de comparaison, une population a besoin d'un taux de fécondité d'environ 2,1 enfants par femme pour se maintenir à long terme sans recourir à l'immigration. Le niveau actuel de l'Angleterre et du pays de Galles est donc largement inférieur à celui qui permettrait le renouvellement des générations par les seules naissances.

Les données par collectivité locale montrent où cette baisse nationale est la plus marquée.

Taux de fécondité les plus faibles, 2025Taux (enfants par femme)
City de Londres0,37
Cambridge0,87
Islington0,90
Westminster0,90
Brighton & Hove0,95
Southwark0,97
Norwich0,98
Exeter1,01
Oxford1,01
York1,01
Taux de fécondité les plus élevés, 2025Taux (enfants par femme)
Pendle1,93
Luton1,93
Oldham1,87
Bradford1,84
Barking & Dagenham1,83

Douze des 25 collectivités locales affichant les taux de fécondité les plus faibles d'Angleterre se trouvent à Londres. Les données régionales de l'ONS apportent un premier élément d'explication : en 2024, les mères londoniennes étaient en moyenne les plus âgées de toutes les régions anglaises et du pays de Galles, avec 32,5 ans, contre 31 ans au niveau national. Le report des maternités à Londres, associé au coût de la vie et aux difficultés d'accès au logement dans la capitale, correspond étroitement à la répartition observée à l'échelle des arrondissements : Islington, Westminster, Southwark, Camden et Hammersmith & Fulham figurent tous parmi les territoires où la fécondité est la plus faible.


La présence de Cambridge, Oxford, Exeter et York parmi les territoires les moins féconds, aux côtés de la City de Londres, met en évidence un facteur statistique qu'il convient de distinguer de la tendance générale au report ou à la réduction des naissances. Les taux de fécondité par collectivité locale sont calculés à partir de la population résidente des femmes de chaque territoire. Or les villes universitaires comptent une proportion exceptionnellement élevée d'étudiants âgés d'une vingtaine d'années, tranche d'âge qui pèse le plus dans les statistiques de fécondité. Ces étudiants sont comptabilisés comme résidents locaux, mais n'ont, pour la plupart, pas d'enfants pendant leurs études. La City de Londres possède quant à elle une population résidente particulièrement réduite, composée en grande partie de professionnels du secteur financier et peu représentative des familles. Son taux peut donc être à la fois extrêmement bas et plus volatil que celui d'une collectivité locale classique. Cette situation se distingue probablement de celle de Southwark ou d'Islington, où le faible niveau de fécondité reflète davantage un véritable report ou une réduction des naissances au sein d'une population résidente plus large qu'un effet démographique lié à la présence temporaire d'étudiants ou de professionnels.

La tendance observée dans ces territoires à faible fécondité n'est pas nouvelle, mais elle s'est nettement accentuée. La City de Londres affichait déjà le taux de fécondité le plus bas d'Angleterre en 2016, à 0,75 : son niveau a donc été quasiment divisé par deux en une décennie. À l'inverse, Barking & Dagenham détenait le taux le plus élevé d'Angleterre en 2016, à 2,47, avant de tomber à 1,83. Ce niveau reste nettement supérieur à la moyenne nationale, mais représente un recul important par rapport au sommet atteint dix ans plus tôt. Même les territoires historiquement les plus féconds se sont donc fortement infléchis au cours de la période où l'indicateur national déclinait.


Le pays de Galles présente un schéma globalement comparable, avec ses propres particularités géographiques. Swansea affichait le taux de fécondité le plus faible du pays de Galles en 2025, à 1,18, tandis que le Carmarthenshire, l'île d'Anglesey et Newport se partageaient le taux le plus élevé, à 1,48. Le territoire le moins fécond n'est donc plus le même qu'une décennie plus tôt : en 2016, Cardiff occupait cette position avec un taux de 1,59, qui est désormais supérieur à celui de Swansea. La géographie précise de la fécondité la plus faible a ainsi évolué, tandis que la tendance générale à la baisse s'est poursuivie.

Le mouvement n'est toutefois pas parfaitement uniforme à toutes les échelles géographiques, un élément qu'il convient de souligner plutôt que de réduire à un récit unique. La dernière ventilation régionale complète de l'ONS, portant sur 2024, montre que les West Midlands et Londres ont enregistré une légère hausse de leur taux de fécondité cette année-là, les premières progressions régionales depuis 2021. Dans le même temps, l'indice synthétique national continuait de baisser et certains territoires affichant une faible fécondité, comme la City de Londres et Cambridge, poursuivaient leur recul. La baisse de la moyenne nationale, ponctuée de rares remontées régionales et d'écarts très marqués selon les territoires, rappelle que le déclin de la fécondité en Angleterre et au pays de Galles ne se manifeste pas partout de la même manière. Sa direction générale n'en est pas moins claire, avec un niveau désormais au plus bas depuis le début des relevés, ce qui alimente directement les interrogations sur le vieillissement de la population et l'avenir des effectifs en âge de travailler.